À l’extrémité ouest du Val-de-Travers, là où l’Areuse surgit du rocher, l’Ecomusée des Sources de l’Areuse propose une balade didactique unique en son genre. Sur 13 stations jalonnant un parcours d’une heure, panneaux explicatifs et photographies d’archives dévoilent six siècles d’histoire hydraulique et industrielle : moulins médiévaux, papeteries, forges, deux centrales hydroélectriques de 1886 — et la turbine Girard, dernière en service dans le monde. Entrée libre, toute l’année, pour petits et grands.
La source de l’Areuse : une résurgence karstique
L’Areuse est une rivière karstique. Elle n’a pas de source au sens traditionnel du terme : ses eaux proviennent en réalité de la vallée de La Brévine, au nord de Saint-Sulpice, qui s’infiltrent dans les massifs calcaires du Jura et ressortent ici sous forme d’une résurgence — la réapparition à l’air libre d’eaux ayant cheminé souterrainement. La sortie se fait au pied d’une paroi rocheuse, dans un bassin naturel impressionnant.
Le débit de la résurgence varie considérablement selon les saisons et les précipitations dans le bassin versant : de quelques centaines de litres par seconde en été à des crues spectaculaires en période de pluies intenses. La rivière parcourt ensuite 31 kilomètres en direction du lac de Neuchâtel, traversant les Gorges de l’Areuse et longeant Boudry avant de se jeter dans le lac.
Six siècles de force hydraulique au service de l’industrie
Dès le Moyen Âge, la puissance de l’Areuse à sa source est exploitée par des dizaines de moulins, forges, papeteries, scieries et autres ateliers qui s’échelonnent le long de ses premiers kilomètres. L’eau, canalisée dans des biefs et des canaux, actionne des roues — d’où le nom de « Roues de l’Areuse » donné au parcours.
En 1886, deux centrales hydroélectriques sont construites sur le site — parmi les premières de Suisse. Elles exploitent la chute d’eau naturelle entre la source et le niveau de la rivière en aval. L’une d’elles abrite toujours la turbine Girard originale, en état de marche et toujours utilisée.
⚙️ La turbine Girard — un patrimoine mondial unique
La turbine à action Girard installée dans la centrale historique de Saint-Sulpice est la dernière turbine de ce type encore en service dans le monde. Conçue au XIXe siècle par l’ingénieur français Louis Dominique Girard, ce type de turbine à admission partielle fut la première à permettre l’exploitation de hautes chutes d’eau en hydroélectricité. Le modèle de Saint-Sulpice, en service depuis 1886, tourne encore aujourd’hui et produit de l’électricité pour le réseau Groupe E.
Sa préservation en état de marche constitue un témoignage exceptionnel du patrimoine industriel hydraulique suisse. Elle peut être observée de l’extérieur lors de la visite, et un film introductif en retrace l’histoire dans la salle des machines.
Les 13 stations du parcours didactique
Le parcours en boucle démarre au parking de la centrale Groupe E. Un panneau de balisage culturel brun indique le départ depuis le centre de Saint-Sulpice. On traverse l’Areuse, on remonte la rive droite sur environ 500 mètres, on atteint la source, puis on revient par la rive gauche.
Comment accéder à l’Ecomusée des Sources de l’Areuse ?
🚂 En transports publics
- Depuis Neuchâtel~40 min
- Depuis Yverdon~50 min
- Depuis Pontarlier (F)~35 min
Train R21 direction Buttes jusqu’à Fleurier, puis bus jusqu’à Saint-Sulpice, arrêt Terminus. Balisage brun « Roues de l’Areuse » depuis le centre du village.
🚗 En voiture
- Depuis Neuchâtel~35 min
- Depuis Fleurier~5 min
- Depuis Pontarlier (F)~30 min
Suivre « Neuchâtel → Val-de-Travers → Saint-Sulpice ». Parking gratuit au départ du parcours, sur le domaine privé de la centrale Groupe E (autorisé pour les visiteurs).
| Ouverture | Toute l’année · 24h/24 · Accès libre et gratuit |
| Durée | Environ 1 heure · Boucle depuis le parking |
| Parking | Gratuit · Domaine privé Groupe E autorisé pour les visiteurs |
| Pique-nique | Tables de pique-nique disponibles au parking, près de la centrale |
| Film introductif | Disponible à la centrale — retrace l’historique du site |
| Langues | Panneaux en français et allemand |
| Ouverture musée | 1994 · Géré par Groupe E (anciennement EEF) |
Ce qu’on nous demande sur l’Ecomusée
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