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[Parole aux partis] Initiative « Pas de Suisse à 10 millions » : conséquences

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On peut comprendre que l’augmentation de la population dans les zones déjà fortement peuplées de notre pays questionne. Mais ce questionnement n’est pas d’actualité au Val-de-Travers. Depuis les années 60, le Vallon a perdu plus de 3000 habitants (- 18,5% pour Val-de-Travers, – 31,5% pour la Côte-aux-Fées et – 41,7% pour les Verrières).

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Le problème, ce n’est pas la place qui manque mais une répartition déséquilibrée entre les villes qui se densifient de plus en plus et les campagnes qui voient leur population diminuer. L’initiative de l’UDC rate donc sa cible.

D’un point de vue économique : sous couvert de durabilité, cette initiative vise à mettre fin aux accords bilatéraux avec l’Union européenne. Or, de bonnes relations entre la Suisse et nos voisins européens sont essentielles. De nombreux secteurs de notre économie seraient touchés : 40% de nos exportations partent vers l’UE. Déjà mises à mal par les taxes états-uniennes, nos industries verraient leur chiffre d’affaires diminuer et certaines seraient contraintes de licencier et/ou de délocaliser tout ou partie de leur production. Par ricochet, cette situation nuirait directement à nos commerces, nos entreprises de construction et de services, notre marché immobilier et nos finances publiques. De plus, une acceptation ne diminuerait pas le nombre de frontaliers et le trafic, mais en entrainerait au contraire probablement une augmentation, car le besoin de main d’œuvre de nombreux secteurs ne diminuera pas et les travailleurs qui souhaiteraient s’installer en Suisse ne le pourraient plus.

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Du point de vue de la santé : la santé, déjà sous pression, ne pourrait pas fonctionner sans le travail de qualité de la main d’œuvre étrangère. Un oui le 14 juin signifierait certainement une diminution de la qualité des soins dans notre pays.

D’un point de vue sécuritaire : une acceptation de l’initiative nous ferait sortir de l’Espace Schengen. La collaboration essentielle entre les polices suisses et Europol s’arrêterait. Par exemple, sans coopération internationale, les malfrats qui ont fait sauter le Postomat de Couvet n’auraient probablement pas pu être arrêtés en Hollande.

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Du point de vue des rentes : avec moins d’actifs, les cotisations AVS ne seraient plus assurées : soit les rentes baisseraient, soit elles devraient être financées par d’autres rentrées (impôts), ou l’âge de la retraite risquerait d’être retardé.

Cette initiative est rejetée tant par les associations patronales, les syndicats, de nombreuses associations touristiques, hospitalières et économiques que par tous les partis du canton, sauf l’UDC. Une telle unanimité chez des organisations aussi diverses montre le danger que cette initiative présente pour l’ensemble des entreprises et habitants de notre région et de notre pays !

Nicolas Béraneck, président du PS Val-de-Travers
Mike Cortese, chef de groupe PLR au Consiel général
Philippe Vaucher, chef de groupe POP au Consiel général

MISE AU POINT
Cette section offre une tribune aux partis politiques de tous horizons pour exprimer leurs opinions et contributions sur des sujets d’actualité régionale ou nationale. Vallon.info reste neutre et ne soutient aucune position particulière. Les lettres ouvertes publiées ici respectent les règles du débat public, bannissant les attaques personnelles et promouvant un dialogue respectueux. Chaque texte reflète exclusivement les idées de son auteur ou du parti concerné. 

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