La Caroline qui enlumine – à la rencontre d’un métier rare

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Carolina Mangiavacchi

« L’ART, C’EST LE REFLET QUE RENVOIE L’ÂME HUMAINE ÉBLOUIE DE LA SPLENDEUR DU BEAU. »
Victor HUGO

Il existe des personnes que l’on découvre rarement dans une vie et qui nous ouvre leurs portes avec bonté, chaleur, passion et bienveillance. C’est ce qui s’est passé lors de la rencontre avec Carolina Mangiavacchi que nous avons connue grâce à la journée des métiers d’art en 2019.

Née au Brésil, d’origine italo-ibero-argentine, ayant vécu dix ans aux USA, puis au Tessin, pour finalement s’établir au Val-de-Travers il y a 10 ans, Carolina est professeur d’anglais à l’école Jean-Jacques Rousseau.

Artiste dans l’âme, elle exerce un art ancestral d’un autre temps qu’elle pratique depuis 6 ans: l’enluminure. Pratiqué depuis l’Antiquité, mais principalement médiéval, l’art de l’enluminure a été la décoration et l’illustration de manuscrits et textes fondamentaux de la civilisation judéo-chrétienne.

« On entend parfois que le prénom que l’on donne à la naissance revêt une importance non négligeable dans la destinée de l’enfant. » Cet adage sied à merveille à Carolina, férue d’histoires de l’époque du Moyen-Age, passionnée et lectrice d’ouvrages relatant cette période si riche en découvertes sociales, et en us et coutumes qui ont forgé la société d’aujourd’hui. »

Carolina a toujours aimé dessiner et peindre. Après un master en lettres anglaises, espagnoles et d’histoire de l’art, elle obtient un diplôme de pédagogie à la HEP.

C’est au Cambridge Medieval Summer Course, lors d’un séminaire donné par Paul Antonio, scribe londonien renommé, qu’elle découvre la calligraphie médiévale, et tout naturellement l’enluminure, art majeur de cette période indissociable de la calligraphie. S’ensuit une passion qui prend racine et force grâce à différents stages en France et une pratique assidue d’illustrations dorées de manuscrits médiévaux. Souhaitant partager son métier, Carolina ouvre son propre atelier en 2016 à Buttes au Val-de-Travers.

S’inspirant des merveilles de la nature qui nous entourent, elle utilise les techniques traditionnelles de l’enluminure médiévale.

Le parchemin est son support de prédilection, et nécessite une préparation soigneuse et délicate de ponçage (avec de la ponce de soie et du bland de Meudon) afin d’accueillir les couleurs.

Les pigments utilisés sont d’origine végétale, animale ou encore minérale: bleu lapis lazuli, terre d’ombre, terre de Sienne, vert malachite, minium, terre verte, vert de vessie, ocres, blanc de plomb, noire de fumée, etc….

Réduites en poudre, les couleurs sont liées à l’aide de différentes recettes de détrempe  fait-maison: l’oeuf (le jaune ou le blanc), la gomme arabique et parfois d’autres ingrédients comme l’eau miellée sont mélangés.

Puis de l’or est apposé sur le parchemin permettant de l’illuminer et ainsi donner son nom à ce magnifique métier. L’or est utilisé en feuille ou en poudre pour être ensuite posé sur un mordant composé de gomme ammoniaque. Il est ensuite bruni avec la pierre d’agate qui lui permet de briller de tout son éclat.

Un véritable travail d’art qui requière créativité, passion, finesse, précision, dextérité et minutie.

Pendant son temps libre, Carolina anime des ateliers découvertes pour les enfants afin de transmettre sa passion.

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