
Depuis dimanche, les horloges ont reculé d’une heure et la nuit tombe sur le Vallon à l’heure où l’on rentre du travail. Une maison plongée dans le noir en fin d’après-midi, les cambrioleurs la lisent comme un écriteau « personne à la maison ». C’est pour éteindre cette invitation que la police neuchâteloise s’engage dès aujourd’hui dans une campagne de prévention des cambriolages, à Val-de-Travers comme dans tout le canton : un hiver entier pour apprendre à garder une lumière allumée, chez soi et chez les autres.
961 raisons de garder la lumière allumée
Les chiffres ont de quoi faire vérifier deux fois la porte d’entrée. En 2025, le canton de Neuchâtel a enregistré 961 vols par effraction ou par introduction clandestine, contre 826 l’année précédente. Une hausse de 16,3 %, bien plus marquée que la tendance nationale : à l’échelle de la Suisse, on est passé de 46’070 cas en 2024 à 46’636 en 2025, soit 1,2 % de plus. Le canton grimpe donc nettement plus vite que le reste du pays, et le Vallon, avec ses maisons isolées et ses villages tranquilles, n’est pas une île.
Le crépuscule, heure de pointe des cambrioleurs
De septembre à mars, les journées raccourcissent et la pénombre devient une alliée pour ceux qui repèrent les logements inoccupés. La police parle de cambriolages « du crépuscule » : ce moment où la nuit est tombée mais où les habitants ne sont pas encore rentrés, et où une fenêtre éteinte en dit plus long qu’on ne le voudrait.
C’est précisément cette saison que vise la campagne nationale « Cambriolage dans le viseur ? », menée du 26 octobre 2026 au 28 février 2027 par la Prévention suisse de la criminalité (PSC), en collaboration avec les polices cantonales et municipales. Son objectif : rappeler les gestes qui protègent un logement et encourager la population à signaler ce qui lui paraît louche.
Une minuterie, un tour de clé, un voisin
Rien de spectaculaire dans les conseils de la police, et c’est justement ce qui les rend efficaces. Une lampe branchée sur minuterie suffit à simuler une présence lorsque vous vous absentez. Les portes et les fenêtres se ferment systématiquement, même pour aller chercher le pain ou faire un saut à la déchetterie. Les objets de valeur ne restent ni à portée de vue depuis l’extérieur, ni facilement accessibles.
Quant à la clé glissée sous le paillasson, dans le pot de géraniums ou derrière le volet : la police est formelle, on ne cache jamais ses clés à l’extérieur de son logement. Les cambrioleurs connaissent ces cachettes au moins aussi bien que vous.
Enfin, pour les absences prolongées, informez vos voisins et demandez-leur de relever votre courrier. Une boîte aux lettres qui déborde, c’est une enseigne lumineuse pour qui fait le tour du quartier.
Le 117, l’interrupteur qu’on hésite à presser
Au Val-de-Travers, on sait souvent à qui appartient la voiture garée devant la fontaine et depuis combien de temps elle y stationne. Ce que certains appellent curiosité de village, la police l’appelle tout simplement vigilance. Observer les mouvements inhabituels dans son quartier et les signaler rapidement peut prévenir une infraction et faciliter le travail des enquêteurs.
Le message central de la campagne tient en trois chiffres : en cas de doute, composez le 117. Mieux vaut un appel pour rien qu’un silence de trop. Et si le pire est déjà arrivé, ne touchez à rien afin de préserver les traces et indices, puis contactez la police.
Pour aller plus loin, la Prévention suisse de la criminalité détaille l’ensemble des mesures de protection sur son site skppsc.ch.
Cet hiver, la lampe sur minuterie gardera votre salon éclairé. Mais dans un Vallon où tout le monde se connaît, la lumière la plus dissuasive restera celle qu’on garde allumée pour les autres : un regard par la fenêtre, une boîte aux lettres relevée, un coup de fil au 117 au bon moment.
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