Le Festival de la Chapelle aux Concerts

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Un Prix Clara Haskil en ouverture du Festival

Pour sa 6e édition, le Festival de la Chapelle propose une nouvelle surprise:
le jeune pianiste japonais Mao Fujita, 20 ans, a décroché l’an dernier le Prix Clara Haskil, à la quasi unanimité du jury. Il a impressionné la critique, qui parle de sa «fraîcheur enfantine», de la «pureté de son jeu» et de sa «facétie imaginative».
Elle relève également son «affolante virtuosité», bien que lui-même avoue «ne pas trop aimer cela»! Il jouera, vendredi en ouverture du Festival, l’avant-dernière sonate de Beethoven, l’op. 110,  deux pièces de Liszt, une œuvre de son compatriote Toru Takemitsu (1930-1996) et  deux sonates du répertoire russe, Scriabine et Prokofiev. Membre du jury du concours Haskil, Marc Pantillon assure avoir rarement ressenti, en entendant Mao Fujita, un tel sentiment de perfection.

Samedi après-midi, comme à l’accoutumée, de jeunes pianistes et instrumentistes de niveau international, français, chinois et japonais, étudiants de nos Hautes Ecoles romandes, interpréteront des œuvres majeures du répertoire pianistique et de musique de chambre.

En début de soirée, c’est un duo peu habituel, Ekla, qui se produira. Formé de la pianiste Violaine Debever et du saxophoniste et compositeur Kevin Juillerat,
il explore les chefs-d’œuvre du répertoire du XIXe siècle à aujourd’hui, dont des créations, tout en étendant son programme à des transcriptions d’œuvres baroques.
On oublie souvent que le saxophone, inventé au milieu du XIXe siècle, était avant tout destiné à la musique classique, son intégration aux ensembles de jazz n’intervenant que plus tard.  Preuve de son éclectisme, le duo Ekla a inscrit à son programme DebussySchulhoffJuillerat lui-même et Piazzolla.

Le soir, on retrouvera le violoncelliste Christophe Pantillon, invité du Festival 2014 en solo. Cette fois-ci, il jouera en duo avec le pianiste Massimo Giuseppe Bianchi – une collaboration qui ne date pas d’hier et qui s’est traduite par plusieurs enregistrements (Castelnuovo-Tedesco, Respighi). Tous deux curieux de répertoires rares, ils mettront en regard la sonate de Chopin et des pièces de son ami Auguste-Joseph Franchomme, dont les variations «Robert-le-Diable».

Dimanche après-midi, c’est l’histoire de la Chapelle aux Concerts qui sera évoquée par le pasteur Ion Karakash (père de notre conseiller d’Etat)  et Jean-Patrice Hofner, qui fut longtemps (et jusqu’il y a peu) président du Centre culturel du Val-de-Travers.
Histoire mouvementée d’un édifice construit en 1876, après la scission de l’Eglise indépendante (de l’Etat) d’avec l’Eglise nationale en 1843. Ornée de vitraux de Lermite, elle a été rénovée en 2012 pour mieux s’adapter aux manifestations culturelles.
Last but not least, elle abrite un piano Boesendorfer impérial, plus grand (et plus rare) que les instruments de concert habituels.

En fin d’après-midi, Marc Pantillon donnera pour la première fois un récital, ayant jusqu’ici joué à Couvet en formation de musique de chambre, notamment avec le quatuor Sine Nomine. Bien connu dans la région puisqu’il y habite, rappelons qu’il a notamment
étudié à Vienne avec le grand Paul Badura-Skoda.  Il a inscrit à son programme la sonate Pathétique de Beethoven, cinq Préludes de Frank Martin et les Klavierstücke op. 117 de Brahms.

Enfin, en début de soirée, le piano restera à l’honneur, mais à quatre mains.
Le Duo formé d‘Ivo Haag et de son épouse Adrienne Soos est une des rares formations de ce type à se consacrer entièrement au répertoire pour quatre mains ou deux pianos.
C’est aussi dans cette optique qu’il collabore avec des orchestres ou des chœurs et qu’il commande des œuvres contemporaines. Après Bartok, il s’apprête à enregistrer les symphonies de Brahms. Au programme: «La Mer» de Debussy, ainsi qu’une sonate et la Fantaisie de Schubert.

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