
Samedi soir, toute l’horlogerie mondiale avait les yeux tournés vers la scène du GPHG 2026, à Genève. Et à chaque enveloppe ouverte, ou presque, un nom revenait qui sonnait familier aux oreilles des Vallonnières et des Vallonniers. Sur les vingt distinctions remises lors de cette 26e édition, six ont pris la direction de maisons installées à Val-de-Travers. Près d’un prix sur trois pour une région grande comme un mouchoir de poche : en matière de précision, difficile de faire mieux.
La cérémonie, animée par Stéphane Bern et Arianne Alcorta, s’est tenue en présence du Directeur général de l’UNESCO. Le jury, présidé cette année par Wei Koh, travaillait main dans la main avec une Académie de plus de 1000 membres. Autant dire que les trophées ne se gagnent pas au hasard du balancier.
Chopard sonne deux fois
Premier coup de carillon pour le Vallon : Chopard repart avec deux prix. Le Prix « Time Only » récompense la L.U.C 1860, issue de la collection L.U.C, celle-là même qui a vu le jour dans la manufacture de Fleurier. La maison décroche aussi le Prix de la Montre Joaillerie avec sa Mystery Nut. Deux registres opposés, la sobriété d’une montre qui ne donne que l’heure et l’éclat de la haute joaillerie, pour une même signature.
Ferdinand Berthoud, l’enfant du pays au rendez-vous
Il est né en 1727 à Plancemont, sur les hauts de Couvet, avant de devenir l’un des grands noms de la chronométrie de marine. Près de trois siècles plus tard, la manufacture fleurisane qui porte son nom lui fait honneur avec un doublé : le Prix de la Chronométrie pour Naissance d’une Montre 3 et le Prix du Tourbillon pour le Chronomètre FB 2TV. Le Vallon a de la mémoire, et visiblement de la suite dans les idées.
Parmigiani Fleurier cultive le mystère
Le nom du village est inscrit jusque sur le cadran. Parmigiani Fleurier remporte le Prix de la Montre Chronographe avec la Tonda PF Chronographe Mystérieux, une pièce qui confirme que le chronographe, à Fleurier, se mesure aussi en savoir-faire.
Piaget, l’éclat de La Côte-aux-Fées
C’est à La Côte-aux-Fées que Georges Piaget a ouvert son atelier en 1874, et la maison n’a jamais coupé ses racines vallonnières. Elle complète le tableau avec le Prix de la Montre Sertie, décroché grâce à la Swinging Pebble, une pièce où le sertissage tient le premier rôle. Un clin d’œil brillant pour le plus haut village du Vallon.
L’Aiguille d’Or file à Genève
La récompense suprême, le Grand Prix de l’Aiguille d’Or, revient au Genevois Rexhep Rexhepi pour son Chronographe Flyback, tandis que Patek Philippe reçoit le Prix Spécial du Jury pour la Watch Art Grand Exhibition. Pour celles et ceux qui voudraient voir les pièces de près, les 84 montres présélectionnées sont exposées au Musée d’Art et d’Histoire de Genève jusqu’au 15 novembre. Les lauréates s’envoleront ensuite pour Londres, du 18 au 23 novembre, dans la boutique Watches of Switzerland de Knightsbridge. Le palmarès complet est à retrouver sur gphg.org.
Le temps, ça se fabrique ici
Les trophées portent des noms de maisons. Mais derrière une bonne partie des aiguilles primées samedi, il y a des horlogers, des régleuses, des polisseurs qui prennent chaque matin la route de Fleurier ou de La Côte-aux-Fées. Genève a distribué les prix ; c’est souvent au Vallon qu’on a fait tourner les rouages. Et ça, aucune enveloppe ne le dira à leur place.
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