
Une lettre de licenciement sur la table de la cuisine, un délai de congé de trois mois devant soi, et l’idée bien naturelle qu’on s’occupera du chômage « le moment venu ». C’est précisément ce réflexe que Neuchâtel et Vaud veulent corriger avec une campagne commune : les recherches d’emploi avant le chômage ne sont pas une bonne pratique, elles sont une obligation légale. Et l’ignorer peut coûter cher, à Val-de-Travers comme ailleurs.
Une obligation que beaucoup découvrent trop tard
Le principe découle de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Comme toute assurance, elle repose sur la diminution du dommage : la personne assurée doit faire ce qu’on peut raisonnablement attendre d’elle pour éviter ou raccourcir sa période sans travail. Concrètement, il faut commencer à chercher dès que l’on sait que son activité va prendre fin, sans attendre l’inscription à l’Office régional de placement (ORP).
Si les recherches menées avant l’inscription sont jugées insuffisantes, les indemnités peuvent être suspendues. Une sanction financière dont la durée dépend de la gravité du manquement et des circonstances. D’où cette campagne lancée le 2 novembre par le Département de l’économie (DECS) avec le canton de Vaud, qui n’est jamais loin du Vallon : Sainte-Croix est juste de l’autre côté de la crête.
Le chrono démarre à la lettre, pas au dernier jour
Le bon moment dépend de votre situation. En CDI, que vous soyez licencié ou que vous ayez donné votre congé, les recherches commencent dès l’annonce. En CDD ou en activité saisonnière, trois mois avant la fin du contrat. Pour un contrat de mission de trois mois ou moins, pendant toute sa durée ; au delà, durant les trois derniers mois.
D’autres cas sont prévus. Au terme d’un congé maternité, dès la quinzième semaine qui suit l’accouchement. Pour un indépendant qui cesse son activité, dès qu’il le sait et au plus tard trois mois avant l’inscription. Même règle des trois mois pour la fin de l’école de recrues ou du service civil, ou pour un retour après une pause sabbatique ou éducative.
Un piège revient souvent : la promesse. Promesse d’engagement d’un employeur, promesse de prolongation d’un contrat : tant que rien n’est formellement conclu, on continue de postuler. Et oui, la règle vaut aussi si vous travaillez encore à plein temps.
Deux à trois candidatures par semaine, preuves à l’appui
Le canton recommande au minimum deux à trois recherches d’emploi par semaine pendant le délai de résiliation. Surtout, gardez une trace de tout : candidatures envoyées, courriels échangés, réponses reçues, confirmations en ligne. Pour une démarche en personne, notez le nom de l’entreprise, la date de la visite et celui de votre interlocuteur, avec si possible un timbre de l’entreprise. Ces justificatifs pourront être demandés par votre conseiller lors de l’inscription. Un formulaire officiel de preuves de recherches permet de tout consigner proprement.
Chercher tôt, c’est déjà rebondir
Pas certain de devoir vous inscrire un jour ? Raison de plus pour commencer. Si un nouveau poste arrive entre temps, ces démarches auront simplement servi votre transition ; sinon, elles seront prêtes le jour où l’ORP vous les demandera. Toutes les situations sont détaillées sur la page Avant de s’inscrire au chômage du canton.
La campagne parle de rebondir. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est encore de ne pas attendre de toucher le sol.
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