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16 octobre 2021
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L’agriculture suisse malmenée par la météo en 2021

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Image par klimkin de Pixabay

L’agriculture suisse devrait générer en 2021 une valeur ajoutée brute de 4,1 milliards de francs, en baisse de 6,6% par rapport à l’année précédente. La production totale a reculé, tandis que les coûts de production ont augmenté. Les conditions météorologiques ont péjoré la plupart des cultures, tandis que la production animale poursuit dans son ensemble sa progression. Ces premières estimations pour l’année en cours se basent sur les comptes économiques de l’agriculture établis par l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Sur la base des premières estimations, l’OFS s’attend à ce que la production totale de l’agriculture suisse s’élève à près de 11,2 milliards de francs en 2021, soit une baisse de 2,1% par rapport à 2020. Les dépenses en consommation intermédiaire (fourrages, énergie, engrais, entretien et réparations, etc.) se montent à 7,0 milliards de francs, soit en hausse de 0,7% par rapport à l’année précédente.

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La valeur ajoutée brute, qui correspond à la valeur de production moins la consommation intermédiaire, atteint ainsi 4,1 milliards de francs, en recul de 6,6% entre 2020 et 2021 (–7,0% sans tenir compte du renchérissement). Avec un recul du volume du travail estimé à 0,8%, la productivité du travail baisse ainsi de 6,3% entre 2020 et 2021, tout en étant 26% plus élevée qu’en 2000.

Baisses historiques en production végétale

Un printemps froid, des périodes de gel après le démarrage de la végétation, de la grêle, un été pluvieux détrempant les sols ainsi qu’un ensoleillement limité impactent fortement les cultures. La valeur de production végétale baisse de 9,0% par rapport à 2020, et atteint un montant de 3,8 milliards de francs.

Les récoltes de fruits à noyau, en particulier des abricots et des prunes, sont parmi les plus faibles de ces deux dernières décennies. Les récoltes de foin ont été compliquées. Les moissons ont été retardées et sont mitigées, résultant en une baisse de 13% de la valeur de production en céréales. Celle des pommes de terre est également en recul (–15%); les betteraves sucrières, dont la surface cultivée est en baisse, ont également souffert (–14%).

La demande en légumes indigènes reste soutenue, mais leur production a été limitée (–5%). La viticulture avait déjà connu une année 2020 difficile. La situation tend à s’empirer en 2021, le mildiou s’ajoutant aux autres aléas météorologiques; une des plus faibles vendanges de ces dernières décennies est attendue. La chute de la valeur de production en raisins et vins est estimée à 17% par rapport à 2020.

La production animale poursuit sa progression

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En 2021, la production animale progresse de 2,1% par rapport à 2020, pour un montant estimé à 5,9 milliards de francs. La valeur de production du lait augmente pour atteindre près de 2,6 milliards de francs (+5,5%), avec des quantités produites légèrement à la hausse (+0,3%) et le prix moyen confirmant sa progression (+5,2%). Les prix des bovins de boucherie poursuivent aussi leur hausse, la demande restant soutenue et l’offre contenue. La valeur de production bovine enregistre ainsi une nouvelle hausse pour atteindre près de 1,6 milliard de francs (+4,7%).

Par contre, la valeur de production porcine chute de 10,4%, atteignant un montant de 0,9 milliard de francs. Le nombre des abattages a en effet encore augmenté en 2021, alors que la demande est en recul. Enfin, l’expansion soutenue de l’aviculture observée depuis 2006 se confirme en 2021, avec une valeur de production avoisinant 0,7 milliard de francs (+5,0%), reflétant l’essor de la consommation indigène en volailles et en œufs de provenance suisse.

Les contributions publiques, un socle important pour l’agriculture

L’ouverture graduelle des marchés agricoles dans les années 1990 a été accompagnée par la mise en place de paiements directs, qui ont été généralisés en 1999, puis réformés en 2014. Depuis plus de deux décennies, les paiements directs versés aux exploitations agricoles servent en particulier à rétribuer les prestations d’intérêt général fournies. Selon les premières estimations basées sur le budget fédéral, les contributions publiques restent pratiquement au niveau de 2020. Avec 2,9 milliards de francs, elles représentent en 2021 environ 21% des ressources totales de l’agriculture suisse, assurant un socle important dans la formation du revenu du secteur agricole.

Les coûts de production augmentent

En 2021, les coûts de production (consommation intermédiaire, amortissements, salaires, fermages, intérêts de la dette et impôts sur la production) ont augmenté de 0,7% par rapport à 2020. La hausse de la consommation intermédiaire (7,0 milliards de francs, +0,7%) est avant tout le résultat de deux effets. D’une part, les achats en aliments pour animaux augmentent, en raison de l’expansion de l’élevage des porcins et des volailles ainsi que de la qualité mitigée des herbages. D’autre part, les prix du pétrole sont repartis à la hausse depuis le début de l’année.

La légère progression des amortissements (2,1 milliards de francs, +0,6%) est, quant à elle, le résultat d’une hausse des prix des biens d’investissement (bâtiments, machines, etc.), qui n’est que partiellement contrebalancée par le recul du volume du patrimoine productif (actifs) de l’agriculture suisse. La rémunération des personnes salariées (1,3 milliard de francs, +0,6%) est estimée légèrement à la hausse par rapport à 2020, tandis que l’évolution des fermages (0,5 milliard de francs, +1,3%) reflète l’augmentation des prix et de la surface des terrains agricoles loués.

Baisse du revenu sectoriel de l’agriculture suisse

En 2021, les recettes (production, contributions publiques et intérêts à recevoir) reculent de 243 millions de francs (–1,7%), atteignant plus de 14,1 milliards de francs. Les dépenses (consommation intermédiaire, amortissements, salaires, fermages, intérêts de la dette et impôts sur la production) augmentent de près de 79 millions de francs (+0,7%), pour un montant de près de 11,3 milliards de francs. Le solde, soit le revenu net d’entreprise de l’agriculture suisse (revenu sectoriel), est ainsi estimé pour l’année 2021 à près de 2,9 milliards de francs, en baisse de 321 millions de francs (–10,1%) par rapport à 2020. Ce revenu, qui rémunère principalement le travail et le patrimoine productif (capital et sol) de l’ensemble des familles paysannes de Suisse, se situe à près de 5,4% au-dessous de la moyenne des cinq dernières années.

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