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Violences domestiques : Neuchâtel renforce son dispositif pour 2027 à 2031

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Image by Alexa from Pixabay

Derrière les chiffres il y a des cuisines, des chambres d’enfants, des portes qui se ferment le soir, à Fleurier comme à Neuchâtel. Les violences domestiques ne connaissent pas de frontière de district, et le Val-de-Travers n’y échappe pas plus que le reste du canton. Pour mieux les prévenir, mieux protéger et mieux suivre ceux qui les commettent, le Conseil d’État présente un deuxième plan d’action cantonal pour la période 2027 à 2031.

Des chiffres qui disent l’ampleur du problème

Les violences domestiques recouvrent les violences physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques commises au sein de la famille, du foyer, ou entre partenaires, anciens ou actuels. Le dernier monitorage cantonal en donne la mesure. En 2025, la Police neuchâteloise a enregistré 678 infractions de violence domestique, dont un triple assassinat. La même année, 907 victimes ont consulté le Service d’aide aux victimes (SAVI), et le Centre neuchâtelois de médecine des violences (CNMV) du RHNe a établi 81 constats.

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Face à ces conséquences humaines, sociales, sanitaires, sécuritaires et économiques, le Conseil d’État a inscrit la lutte contre les violences domestiques parmi les priorités de son programme de législature 2026 à 2029.

Ce que le premier plan a permis de construire

Ce nouveau texte prend la suite d’un premier plan adopté en 2022 et élaboré par l’office de la politique familiale et de l’égalité (OPFE). Il a notamment permis l’ouverture du CNMV, la formation du personnel des pharmacies et la création d’un comité de pilotage réunissant deux conseillères d’État, les autorités judiciaires et les chefs de services concernés.

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Sa mise en œuvre a aussi montré ce qui manquait encore. La prise en charge des enfants exposés aux violences, l’accompagnement des familles et le suivi des auteurs restaient insuffisamment couverts. Le deuxième plan s’organise donc autour de quatre axes.

Prévenir avant que la violence ne s’installe

La prévention reste l’un des leviers les plus efficaces. Les actions de sensibilisation auprès des jeunes seront systématisées, notamment grâce au jeu informatique pédagogique Alternatives. Le canton relaiera les campagnes nationales et communiquera régulièrement autour du 142, la ligne téléphonique dédiée à la violence domestique. Les professionnels en contact avec des personnes potentiellement concernées seront mieux formés pour repérer tôt les situations à risque.

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Les enfants, victimes à part entière

Un enfant qui grandit dans un climat de violence en est victime, même lorsque les coups ne lui sont pas destinés. Le plan veut renforcer la prise en charge des victimes et des auteurs dans un contexte familial, en particulier lors de séparations conflictuelles. Les interventions précoces doivent aussi aider à briser la transmission de la violence d’une génération à l’autre. Le but est de mettre en place un véritable espace de consultation pour les couples et les familles.

Le SAVI, pilier d’un dispositif sous pression

Le nombre de dossiers augmente régulièrement. Le Conseil d’État entend donc garantir le bon fonctionnement du SAVI, présenté comme la pièce maîtresse du dispositif, qu’il s’agisse de l’hébergement d’urgence, des consultations ambulatoires ou de la réponse au numéro 142. Le financement du CNMV doit lui aussi être assuré, tant pour l’accompagnement des victimes que pour la constatation des violences.

Suivre les auteurs pour protéger les victimes

Prévenir la récidive, c’est aussi s’occuper de ceux qui frappent. La brigade Menaces et prévention de la violence (MPV) de la Police neuchâteloise verra ses moyens renforcés, notamment par une révision de la loi sur la police. Un dispositif cantonal de surveillance et de protection actives sera mis en place progressivement, avec en particulier le recours au bracelet électronique actif pour prévenir le passage à l’acte. Trois séances de suivi socio-thérapeutique deviendront obligatoires pour les auteurs, notamment ceux visés par une mesure d’éloignement prononcée par la police.

Prévention, formation, prestations sanitaires et sociales, sécurité et répression : le plan veut couvrir la question sous tous ses angles. Le détail figure dans le rapport du Conseil d’État au Grand Conseil 26.024 et dans le monitorage cantonal des violences domestiques 2025, tous deux disponibles sur ne.ch.

Trois chiffres pour rompre le silence

Le monitorage compte les drames : 678, 907, 81. Le plan, lui, mise sur trois autres chiffres, ceux qu’une victime, un proche, un voisin ou un collègue peut composer. Le 142 permet de parler de violence domestique et d’être orienté vers l’aide adaptée. En cas de danger immédiat, le 117 reste le bon réflexe. Vous, Vallonnières et Vallonniers, n’avez pas besoin d’être sûrs de vous pour appeler. Un doute suffit souvent à ouvrir la porte.

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