
Face à la canicule et à la sécheresse qui touchent l’ensemble du territoire suisse, le canton de Neuchâtel a annoncé le 9 juillet 2026 une série de dérogations agricoles exceptionnelles. Une décision qui concerne directement les exploitants du Val-de-Travers, où les prairies et pâturages souffrent eux aussi du manque d’eau.
Un été particulièrement sec qui inquiète les autorités
Les fortes chaleurs et le déficit de précipitations de ces dernières semaines mettent sous pression l’agriculture neuchâteloise. Face à cette situation, le Département du développement territorial et de l’environnement (DDTE) a décidé d’assouplir sans délai plusieurs règles habituellement en vigueur, afin de soulager les exploitations les plus touchées, y compris celles installées sur les hauts du Vallon.
Concrètement, l’État autorise désormais la pâture des prairies extensives et peu intensives, des bordures tampons attenantes aux haies, ainsi que des prairies riveraines. Les surfaces sous contrat LPN et les 10% non fauchés dans les surfaces en réseau écologique restent en revanche protégés jusqu’au 1er septembre, tout comme les zones inscrites dans un inventaire naturel, à l’image des hauts-marais ou des pâturages secs que compte aussi la région.
Une avance rendue possible sans nuire à la biodiversité
Selon le canton, l’année précoce a permis aux espèces végétales de ces surfaces de promotion de la biodiversité d’achever leur cycle reproducteur plus tôt que d’habitude. L’avancement de la date de pâture ne devrait donc pas nuire à la richesse floristique des prairies concernées. Cette dérogation permettra surtout aux éleveurs de nourrir leur bétail sans devoir acheter du fourrage supplémentaire, une charge qui pèse lourd en période de sécheresse.
La fauche anticipée des prairies extensives et peu intensives est également rendue possible dès à présent dans les zones de montagne III et IV, une classification qui concerne une partie des alpages et pâturages du Val-de-Travers.
Un soutien pour les exploitations d’estivage
Les exploitations d’estivage, nombreuses dans les zones d’altitude de la région, peuvent désormais être approvisionnées en fourrage grossier (foin, regain, ensilage) pour compenser la mauvaise repousse de l’herbe et éviter une désalpe anticipée. Chaque apport devra toutefois être consigné dans le journal d’apports des aliments.
Le canton supprime aussi l’exigence de 70% de matière sèche d’affouragement par la pâture pour les contributions de mise au pâturage et de sorties régulières en plein air (SRPA). Les animaux devront néanmoins continuer à bénéficier d’au moins 26 jours de sortie par mois, que ce soit au pâturage ou dans l’aire d’exercice.
Enfin, les exploitations d’estivage contraintes à une désalpe prématurée en raison du manque de fourrage ne subiront aucune pénalité sur leurs primes d’estivage.
Des mesures applicables immédiatement
Ces dérogations entrent en vigueur avec effet immédiat et resteront valables tant que durera la situation exceptionnelle. Pour les agriculteurs du Vallon, dont plusieurs exploitations d’estivage sont installées sur les hauteurs de Buttes, des Bayards ou de La Côte-aux-Fées, ces assouplissements devraient permettre de traverser l’été sans devoir réduire prématurément leur cheptel.
Vous avez repéré une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée ou par e-mail.









